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Dossier revue de presse Janvier 2015

Dossier revue de presse Janvier 2015

• 01/01/15
http://www.dakaractu.com/Que-cache-le-projet-de-loi-sur-la-reforme-des-Daaras_a81533.html

Le Gouvernement du Sénégal, en la personne de M. « Serigne » Mbaye Thiam, Ministre de l’Education nationale, sillonne les foyers religieux pour leur faire avaler la couleuvre de ce qui appelé : « Le Projet de Statut des Daaras » !Il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’une réforme visant à transformer les Daaras en officine propres à fabriquer des Sénégalais « tarés », coupés de leurs racines islamiques et sevrés du breuvage immunisant du saint Coran…
Sous le prétexte de vouloir combattre la mendicité et contrôler les sources de financement des « Daaras »,pourtant laissés pour compte et exclus du système éducatif national, le gouvernement que dirige « Mouhamed Boune Abdallah » Dione initie une réforme à la Jules Ferry, c’est-à-dire, une réforme qui déboucherait sur école sans Dieu !
A l’évidence, les « Daaras » ont existé au Sénégal bien avant l’école française. Aux 19 ème et 20 ème siècles, le colonisateur français, gênés par la recrudescence des « Daaras », s’est engagé dans une entreprise diabolique visant à faire disparaître systématiquement ce type d’enseignement islamique. Des dizaines de maîtres coraniques furent ainsi froidement abattus à Malem Hodar, sous le fallacieux prétexte que ces derniers tentaient « une révolte des marabouts » !
D’autres chefs religieux ont subi le même sort, dans le cadre du plan de liquidation programmée des « Daaras », prélude à la mission d’assimilation et d’intégration des autorités coloniales.
Le 22 juin 1857, le Gouverneur général de l’AOF(Afrique occidentale française), Louis Faidherbe prit une décret dont l’objectif inavoué n’était rien d’autre que d’affaiblir l’enseignement arabo-islamique en faveur de l’enseignement du français. Cet décret stipulait que tout prétendant à l’enseignement du Saint Coran devait satisfaire les conditions suivantes :

  • Adresser une demande d’autorisation au Gouverneur général ;
  • Etre natif de Saint Louis ou y avoir résidé pendant au moins 7 ans ;
  • Fournir une attestation de bonne vie et mœurs ;
  • S’engager à envoyer au cours du soir français, ses « taalibés », âgés de 21 ans au plus. Une simple comparaison des objectifs poursuivis, nous permet de comprendre que le projet de loi du Président Macky Sall ressemble, comme deux gouttes d’eau, à la fameuse loi de 1857, inspirée par le Gouverneur Général colonial, Louis Faidherbe ! Les deux textes législatifs ont pour dénominateur commun : l’introduction obligatoire de l’enseignement du français dans les « Daaras »… Par ailleurs, le Projet de loi du Président Macky Sall remet le contrôle pédagogique des « Daaras » entre les mains de l’Inspection académique, qui, elle-même, relève de la tutelle du Ministère de l’Education nationale. Le Fameux Conseil Consultatif des Daaras(C.C.D.)est managé par un Secrétariat exécutif, désigné par le Ministère de l’Education nationale, alors que sa composition reste largement dominée par les structures de l’Etat. Des motivations suspectes Dans l’exposé des motifs du projet de loi sur le Statut des « Daaras », le gouvernement décline sans ambages ses objectifs et motivations au travers cette réforme :
  • Lutter contre la mendicité des « taalibés » par des lois et des décrets ;
  • Contrôler les sources de financement privé des « Daaras » ;
  • Laïciser progressivement les « Daaras », via l’introduction obligatoire des programmes de l’école laïque. Dans le Projet de loi concocté par le gouvernement, aucun des objectifs ou moyens dégagés pour les atteindre, ne cadrent avec les buts qui président à l’érection des « Daaras » par nos valeureux ancêtres. En outre, la mendicité, qui n’est pas l’apanage des « taalibés » dans notre société, ne pourrait être combattue par l’adoption de simples textes législatifs…Elle découle de conditions socioéconomiques, marquées par un appauvrissement honteux des couches les plus vulnérables de la société, lesquelles sont aggravées par la démission quasi-totale de l’Etat face à ses obligations régaliennes de prise en charge des préoccupations primaires des pauvres populations ! Pour éradiquer le phénomène de la mendicité, il faudrait enclencher un élan de solidarité et de partage à large échelle et actionnant des leviers islamiques, tels que le Waqf et la Zakat. Curieusement, à ce niveau, le gouvernement du Sénégal ne cesse de trainer les pieds, en dépit des énormes efforts financiers consentis en sa faveur, par des institutions internationales, comme la Banque islamique de Développement, qui visait à donner à notre pays le statut de « pays pilote »notamment dans la sous- région d’Afrique de l’Ouest. A l’instar de la Fondation de l’imam Khomeini(Imdad), qui a fait ses preuves en République islamique d’Iran, un projet de création d’une fondation nationale d’appui aux Daaras avait été initié au Sénégal depuis 2011, mais ce projet fut, semble-t-il, emporté par la vague Beige-marron de « ruptures », qui a fini d’envoyer aux oubliettes le fameux principe de la continuité de l’Etat… Le Ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, disait l’autre jour à l’endroit de la famille omarienne et aux Autorités religieuses de Médina Gounass que l’Etat a adopté dans l’élaboration du Projet de loi pour la modernisation des « Daaras » une démarche participative ! Comme si le Ministre Serigne Mbaye Thiam feignait d’oublier qu’une telle approche aurait commencé par impliquer les principaux concernés, dès la phase d’identification des besoins, en passant par la recherche commune des solutions pour, en fin, aboutir à l’élaboration du projet. Or, dans le cas d’espèce, le gouvernement a conçu son projet en solo, pour ne pas dire en catimini, avant de le soumettre, de manière précipitée, à quelques familles religieuses, en vue de recueillir leur bénédiction, sous les projecteurs de la télé. C’est là, une démarche très politicienne, qui tend à masquer la face hideuse d’un projet de loi qui ne diffère en rien de la fameuse loi de Jules Ferry… Si le gouvernement manifeste la volonté de lutter contre le terrorisme par le contrôle des sources de financement des « Daaras », cela signifierait qu’il adopte dans ce domaine, les mêmes méthodes que les gouvernements occidentaux qui considèrent que les « Daaras »sont les terreaux naturels du terrorisme. S’il est vrai que notre pays vient d’abriter, en novembre 2014, « le meilleur » sommet de la francophonie, cela ne devrait pour autant signifier que l’argent du contribuable sénégalais devrait être, prioritairement utilisé pour la promotion de l’enseignement du français, au détriment d’autres langues plus importantes pour le Sénégalais lamda, telles que la langue arabe ou les langues nationales. Ceci, au moment où des pays africains, comme le Rwanda et le Gabon optent résolument pour l’intensification de l’enseignement de l’anglais au détriment de la langue de l’ancien colonisateur, qu’est le français. Dans ce projet de loi pour la modernisation des « Daaras », le gouvernement ne dégage clairement aucun moyen financier pour appuyer ces structures d’enseignement du Saint Coran, il se réfugie plutôt derrière des terminologies aussi vagues que « les Daaras peuvent bénéficier… » ! En vérité, une volonté politique sincère d’appuyer les « Daaras »aurait commencé par dégager des mesures d’accompagnement concrètes, via la mise en place d’un fonds, permettant de mener à bien une politique efficiente de promotion des « Daaras ». Le PSE n’a pas démarré avec des textes législatifs, mais il a été fondé sur un plan clairement élaboré, où des objectifs ont été définis ainsi que des moyens colossaux pour les atteindre. La réorganisation effective des « Daaras » passerait nécessairement par cette voie. Dans une telle démarche, l’on ne saurait occulter, l’implication des homme de l’art, autrement dit, les Serignes Daaras, en amont comme en aval, du processus. En définitive, ce projet de loi est aussi dangereux que le fameux projet de loi du 23 juin 2011, lorsque l’ancien président Abdoulaye Wade a voulu introduire dans notre loi fondamentale, des modifications constitutionnelles majeures, sans avoir recueilli, auparavant, l’assentiment du peuple sénégalais. Encore une fois, le gouvernement est invité à ne jamais déposer ce projet de loi, au cas contraire, le peuple et ses députés seront obligés à prendre leur responsabilité devant Dieu et devant l’histoire… A bon entendeur Salut !

Mamadou Bamba Ndiaye

Ancien Ministre des Affaires religieuses

• 02/01/2015
http://tak2.00221.info/node/2320

Les daaras fabriquent des Sénégalais tarés
Soumis par Ajax

Oui monsieur Ndiaye, les daaras que vous défendez sont des usines à tarés, et non l’inverse comme vous l’affirmez dès le premier paragraphe de votre texte.
A quoi cela sert-il d’apprendre le Saint Coran par cœur sans même comprendre le texte ? A quoi cela sert-il de refuser d’apprendre d’autres langues que l’arabe et même de proscrire le Français ? Quelle sorte d’humilité apprenez vous (soit disant) aux talibés qui mendient en haillons dans les rues de Dakar ou de Saly ? Pourquoi vos élèves sont-ils battus, affamés, violés, entassés avec des conditions de vie indignes ? Pourquoi ne peut-on pas contrôler la destination de tout l’argent collecté par les enfants dans ces bagnes d’un nouveau genre ?

Apprendre la religion ? Conneries. J’ai moi-même interrogé des talibés. Leur ignorance de l’Islam est hallucinante ! Pourquoi à la Tabaski faut-il sacrifier un mouton ? Qui est Abraham ? Qui est Isaac ? Est-ce écrit dans la Bible ou dans le Coran ? Beaucoup ne savent pas. Ils apprennent les textes saints sur des tablettes en bois ou des papiers soigneusement sélectionné et c’est le culte des marabouts qui prime. "Quiconque voit Cheikh Béthio Thioune ira directement au Paradis. C’est vrai ?" : "Oui c’est vrai " "Qui a dit ça ?" "Saliou Mbacké..." Non. En réalité, c’est Béthio qui a dit cela et la famille de Saliou Mbacké a dénoncé ce mensonge blasphématoire. Peu importe. Les talibés y croient, et tout cela arrange bien les affaires des marabouts. Cet opium du peuple ignorant les enrichit.

Apprendre la morale aux enfants ? Il suffit de voir le comportement général des Sénégalais pour comprendre qu’il y a un fossé immense entre les courbettes sur le tapis et les pratiques inciviles et amorales quotidiennes.

Quel débouché professionnel les daaras offrent-ils ? Aucun. Ils ne donnent aucune formation concrète. L’emprise chaque jour plus grande et plus radicale de l’islam au Sénégal va bloquer le développement par des prises de position désuètes et rétrogrades. Le Sénégal ne peut avancer dans ces conditions. C’est un frein au Plan Sénégal Emergent. Le Président Macky Sall et son ministre qui désirent faire passer la "Réforme du statut des daaras" pour un meilleur contrôle l’ont bien compris. Mais ils s’attaquent à des intérêts multiples très solides et à une résistance de la population très mal informée, voire intoxiquée.

Courage messieurs du gouvernement : persévérez.

Ajax

• 4/01/15
http://french.dakar.usembassy.gov/enfants-fr.html

L’Ambassade Aide les enfants de la rue

Le J. Kirby Simon Foreign Service Trust est un fonds de bienfaisance créé en la mémoire de J. Kirby Simon, un agent du service étranger qui est décédé en 1995 alors qu’il servait à Taiwan. Le fonds appuie des projets qui sont lancés et exécutés sur une base entièrement non-officiel, à titre volontaire, par le personnel du service étranger ou des membres de leur famille, où qu’ils se trouvent. En 2011, le Fonds a effectué ses 15èmes récompenses, et approuvé un total de 106.094 dollars de subventions. Cette année, Levi & Rebecca Smylie, Melissa & Paul Pousette et Oumou Dat de l’Ambassade des Etats-Unis à Dakar ont reçu une subvention de $3000 pour acheter du matériel médical pour le Samu Social. Ensemble, l’équipe de l’Ambassade a évalué les besoins du Samusocial et a pris en charge tous les aspects logistiques pour acquérir et remettre les fournitures médicales tant nécessaires.
Le Samusocial fournit un refuge aux enfants abandonnés qui errent dans les rues et marchés de la capitale du Sénégal. Human Rights Watch estime qu’il y a plus de 8.000 enfants qui vivent et mendient dans les rues de Dakar. Le centre Samusocial offre le repas (plus de 100.000 repas servis chaque année), le logement, des conseils, des soins médicaux, et des services pour localiser les enfants et les réintégrer dans leur famille. En outre, le Samusocial dispose d’une ambulance avec à bord un médecin et un travailleur social qui circule dans Dakar, jour et nuit. L’équipe de secours de l’ambulance traite les enfants blessés et aide ceux qui veulent sortir de la rue. Un équipement approprié et des fournitures médicales sont une composante essentielle au travail de l’ambulance du Samusocial et à la clinique qui se trouve au siège du centre.
Levi Smylie, sa femme Rebecca et leurs deux jeunes filles ont commencé à visiter régulièrement le Samusocial depuis plus d’un an. Ils amènent au centre des instruments et des jeux pour faire participer les enfants à l’heure de musique qu’ils leur ont dédiée. Levi joue sa guitare et généralement un des enfants du centre joue au djembé. Rebecca et les filles enseignent aux enfants du centre leurs chansons préférées, en anglais. Les enfants ont mémorisé beaucoup de chansons et la famille Smylie est toujours impatiente de passer l’heure de musique chaque dimanche après-midi avec eux. Une nuit, pendant que Levi travaillait volontairement dans l’ambulance, l’équipe de sauvetage a retrouvé un enfant qui vivait au Samusocial quelques mois auparavant dans la rue. Lorsque l’enfant a vu Levi, il a immédiatement commencé à chanter en anglais quelques-unes des chansons qu’il avait apprises. Alors que le nombre des enfants dans la rue à Dakar est énorme, Levi et sa famille espèrent pouvoir apporter un peu de joie et de la musique dans la vie souvent très difficiles de ces enfants.

• 05/01/15
http://www.dakaractu.com/PROJET-DE-REFORME-DES-DAARAS-Jamra-Mban-Gacce-deplorent-le-deficit-de-concertation_a81722.html

PROJET DE REFORME DES "DAARAS" : Jamra & Mbañ Gacce déplorent le déficit de concertation !

Le 4 février 2010, le gouvernement du Sénégal rendait public un arrêté général portant reconnaissance de l’ensemble des écoles coraniques du pays. Acte favorablement accueillie par de larges segments de la société sénégalaise, en ce qu’il se conformait surtout à la Constitution de notre pays - qui stipule en son article 22 alinéa 3 que « les institutions et les communautés religieuses et non religieuses sont également reconnues comme moyens d’éducation ».
Un pas décisif venait d’être accompli dans le renforcement de la liberté de culte, qui venait ainsi de connaître une consécration avec la reconnaissance officielle des « Daaras », longtemps objets d’exclusion, qui exposait davantage de frêles enfants à de multiples périls. Cet arrêté était surtout sensé mettre un terme à la discrimination dont sont victimes les écoles coraniques, et les « talibés »(apprenants) qui les fréquentent, par rapport aux écoles privées catholiques et laïques qui, elles, bénéficient de subventions étatiques. Une des plus grandes des injustices que notre pays ait jamais connues, depuis l’aube de la colonisation, venait enfin d’être réparée.
L’Organisation islamique Jamra et l’Observatoire de Veille et de Défense des Valeurs Culturelles et Religieuses, Mbañ Gacce, tout en saluant l’initiative du gouvernement actuel d’avoir conçu un montage financier avec des institutions bancaires comme la Bid (Banque islamique de développement) pour financer ce « Projet de Réforme des Daaras », n’en regrettent pas moins l’absence de concertation avec les intéressés au premier chef, que sont les Maîtres coraniques. Regroupés dans des associations et fédérations, ils ruent présentement dans les médias se plaignant légitiment d’avoir été laissés en rade.
Le fait que le Ministère de l’Education nationale, maître d’œuvre de ce projet, ait effectué une tournée d’information auprès des chefs religieux de différentes confréries est certes louable mais insuffisant. Car, les véritables acteurs de l’Ecole Coranique ce sont ceux qui les gèrent au quotidien. Et qui, justement, se plaignent d’avoir été mis devant le fait accompli, avant d’être fortement soutenu dans leur fronde par le Khalife général des Mourides Serigne Sidy Makhtar Mbacké.
La méthode utilisée pour la mise en œuvre de ce projet de modernisation des « Daaras » rappelle de triste mémoire le « forcing » du projet de découpage administratif d’avril 2011 - que Jamra avait fustigé dans les médias -, et qui s’était dramatiquement soldé par une mort d’homme à la Communauté rurale de Sankalkam, dont les populations s’étaient révoltées pour n’avoir pas été impliquées dans cette réforme qu’on voulait leur imposer.
Puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, Jamra & l’Observatoire Mbañ Gacce proposent à l’Etat de consentir à accompagner ce projet par une large concertation, impliquant, dans le cadre d’un Séminaire nationale, tous les acteurs de la corporation et, au besoin, les organisations religieuses non-gouvernementales, dont la plupart gèrent depuis des décennies des « Daaras », où les « talibés » ne se livrent pas à la mendicité. Aucune concertation ne devrait être de trop pour contribuer à consolider ces foyers d’excellence, que sont ces institutions traditionnelles d’enseignement religieux, pour les sécuriser d’avantage contre toute intrusion inopportune, et préserver le droit de nos enfants à une éducation coranique saine.
Dakar, le 05 Janvier 2015

Imam Massamba Diop
Coordonateur national de
L’Observatoire "Mbañ Gacce"
Président exécutif de l’Organisation
Islamique Jamra – ongjamra@hotmail.com

06/01/15
http://www.rts.sn/articles-de-presse/societe/projet-de-reforme-des-daaras-jamra-mban-gacce-deplorent-le-deficit-de-concertation.html

Un pas décisif venait d’être accompli dans le renforcement de la liberté de culte, qui venait ainsi de connaître une consécration avec la reconnaissance officielle des « Daaras », longtemps objets d’exclusion, qui exposait davantage de frêles enfants à de multiples périls. Cet arrêté était surtout sensé mettre un terme à la discrimination dont sont victimes les écoles coraniques, et les « talibés » (apprenants) qui les fréquentent, par rapport aux écoles privées catholiques et laïques qui, elles, bénéficient de subventions étatiques. Une des plus grandes des injustices que notre pays ait jamais connues, depuis l’aube de la colonisation, venait enfin d’être réparée.

L’Organisation islamique Jamra et l’Observatoire de Veille et de Défense des Valeurs Culturelles et Religieuses, Mbañ Gacce, tout en saluant l’initiative du gouvernement actuel d’avoir conçu un montage financier avec des institutions bancaires comme la Bid (Banque islamique de développement) pour financer ce « Projet de Réforme des Daaras », n’en regrettent pas moins l’absence de concertation avec les intéressés au premier chef, que sont les Maîtres coraniques. Regroupés dans des associations et fédérations, ils ruent présentement dans les médias se plaignant légitiment d’avoir été laissés en rade.

Le fait que le Ministère de l’Education nationale, maître d’œuvre de ce projet, ait effectué une tournée d’information auprès des chefs religieux de différentes confréries est certes louable mais insuffisant. Car, les véritables acteurs de l’Ecole Coranique ce sont ceux qui les gèrent au quotidien. Et qui, justement, se plaignent d’avoir été mis devant le fait accompli, avant d’être fortement soutenu dans leur fronde par le Khalife général des Mourides Serigne Sidy Makhtar Mbacké.

La méthode utilisée pour la mise en œuvre de ce projet de modernisation des « Daaras » rappelle de triste mémoire le « forcing » du projet de découpage administratif d’avril 2011 - que Jamra avait fustigé dans les médias -, et qui s’était dramatiquement soldé par une mort d’homme à la Communauté rurale de Sankalkam, dont les populations s’étaient révoltées pour n’avoir pas été impliquées dans cette réforme qu’on voulait leur imposer.

Puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, Jamra & l’Observatoire Mbañ Gacce proposent à l’Etat de consentir à accompagner ce projet par une large concertation, impliquant, dans le cadre d’un Séminaire nationale, tous les acteurs de la corporation et, au besoin, les organisations religieuses non-gouvernementales, dont la plupart gèrent depuis des décennies des « Daaras », où les « talibés » ne se livrent pas à la mendicité. Aucune concertation ne devrait être de trop pour contribuer à consolider ces foyers d’excellence, que sont ces institutions traditionnelles d’enseignement religieux, pour les sécuriser d’avantage contre toute intrusion inopportune, et préserver le droit de nos enfants à une éducation coranique saine.

Dakar, le 05 Janvier 2015
Imam Massamba Diop
Coordonateur national del’Observatoire "Mbañ Gacce"

• 06/01/15
http://www.senenews.com/2015/01/06/projet-de-modernisation-des-daaras-letat-se-heurte-a-des-resistances-de-la-part-des-acteurs-du-secteur_104196.html

Projet de modernisation des Daaras : l’Etat se heurte à des résistances de la part des acteurs du secteur

Décidément, la modernisation des Daaras au Sénégal ne semble pas être pour demain. Tous les acteurs politiques qui ont tenté de s’attaquer à ce chantier ont buté sur les résistances des acteurs de ce secteur. On rappelle encore en octobre 2010, lorsque des mesures d’interdiction de la mendicité avaient été prises par l’ancien Premier Ministre Souleymane N’déné N’DIAYE qui a fini par capituler. S’inscrivant dans une logique similaire, l’ancien Premier ministre Abdoul MBAYE avait lui aussi décidé de croiser le fer avec la clandestinité des daaras au Sénégal, mais son combat fût vain. Aujourd’hui encore, les tentatives continuent et les résistances se font de plus belles.
Serigne Modou Bossou Dieng, président des jeunes marabouts, parle de projet maçonnique. Selon lui, Cheikh Ahmadou BAMBA avait interdit que l’enseignement du coran soit mélangé avec d’autres formes d’enseignements. Quant à Mame MAKHTAR Gueye, vice président de l’ONG JAMRA, il fustige un manque de concertation de l’Etat avec les véritables acteurs du secteur qui selon lui sont les maitres coraniques. D’autres acteurs du secteur ont aussi embouché la même trompette. C’est dire alors que le gouvernement en place a du pain sur la planche et que ceux qui s’attendent à la fin de la mendicité des enfants au Sénégal devront prendre leur mal en patience.
Mis en ligne par Abdoulaye Fall

• 09/01/15

http://xalimasn.com/autant-les-daaras-doivent-se-moderniser-autant-lecole-laique-doit-se-spiritualiser-par-mamadou-bamba-ndiaye/

Autant les »daaras » doivent se »moderniser », autant l’école laïque doit se spiritualiser Par Mamadou Bamba Ndiaye
Autant les »daaras » doivent se »moderniser », autant l’école laïque doit se spiritualiser – Une exigence vitale !!! [Mission du Mahdi (Retour de Jésus fils de Marie)].

La situation des ‘’daaras’’ préoccupe très sérieusement, et depuis quelques années, nos dirigeants politiques et leurs partenaires impliqués dans le développement communautaire préconisent, entre autre, leur modernisation ; mais si certains y voient une chance, d’autres par contre, y voient une ingérence inacceptable ; ainsi, le débat reste ouvert ; et pour bien le camper, il est important d’avoir à l’esprit que l’Islam est une religion dynamique par essence et par excellence, du fait même du caractère parabolique de la révélation divine qui est ‘’une explication de toute chose’’ et qui conditionne donc toute l’existence du musulman ; ainsi, la douloureuse problématique des ‘’daaras’’ ne peut trouver une solution véritable que dans l’Islam qui propose une réponse à toutes les problématiques (25. Le Discernement : 33 – Al-Furqâne).
En vérité, la mission des ‘’daaras’’ devrait être triple : apporter la connaissance (tant profane que religieuse) et la bonne santé (tant physique que mentale), mais aussi préparer le talibé à une activité génératrice de revenus (autonomie financière) ; c’est dire que l’apprentissage d’un métier est fondamental pour le musulman ; en effet, au moins deux des cinq pipiers de l’Islam (le pèlerinage et l’acquittement de la Zakât) supposent des moyens économiques plus ou moins consistants ; c’est là, à l’évidence, une exhortation au travail plus qu’implicite. Oui, dans ce monde actuel, il est plus que souhaitable d’avoir son autonomie financière pour pouvoir mener une vie décente et ne pas devenir un assisté chronique, comme le souhaitait le Prophète (PSL) : – ‘Abdallah b. Hawâla rapporte ces propos du Prophète – sur lui la grâce et la paix – : « … Mon Dieu, fais en sorte qu’ils ne se reposent pas sur moi, car je pourrais montrer de la faiblesse (des moyens) à leur endroit ; et qu’ils ne reposent pas sur eux-mêmes, car ils seraient victimes de leur égoïsme ; et qu’ils ne se reposent pas d’avantage sur les gens, car ceux-ci les posséderaient. … . (Ahmad)
En vérité, la mendicité ne doit être qu’une solution d’exception (handicap) ; et l’aumône devrait être donnée en priorité ‘’aux nécessiteux confinés dans le sentier d’Allah, ne pouvant parcourir le monde, et qui ont honte de mendier’’ – ceux-là qui n’importunent personne en mendiant (2. La Vache : 273 – Al-Baqarah).
Et certes, donner la charité est un important geste de piété, mais la générosité des sénégalais est telle que certains ont fait de la mendicité, un vrai bisness – ce que l’Islam ne saurait cautionner ; mais ce n’est pas aussi une raison pour l’interdire par une loi, surtout dans un pays musulman ; oui, ce problème doit être réglé par ceux-là même qui donnent la charité, en faisant preuve de discernement ; ce qui, hélas, n’est pas toujours facile.
En plus de la ‘’mendicité – bisness’’, il faut déplorer les conditions d’hygiène exécrables dans les daaras et surtout le manque d’éducation des talibés ; ce d’autant que l’Islam prône avant tout l’hygiène et les comportements vertueux (savoir être et savoir-faire). En vérité, il est de très loin préférable pour un musulman de connaître moins d’une dizaine de sourates et d’avoir une bonne éducation que de mémoriser tout le Coran sans le pratiquer. En outre, l’Islam tient particulièrement à son image de marque et ne saurait donc cautionner la situation actuelle des ‘’daaras’’ qui relève d’une tradition d’un autre âge – et donc d’un ‘’égarement’’ ! Oui, selon Cheikh Ahmad Tidjani Chérif, ‘’celui qui n’est pas en phase avec son temps est sûrement égaré’’. Et pour Cheikh El Hadj Malick Sy, ‘’celui qui renonce à la vie présente perdra sa religion et risque de ne plus la retrouver’’. Ainsi, l’introduction du Français (ou de l’anglais) dans les ‘’daaras’’ doit être perçue comme une véritable aubaine, voire une exigence, car en vérité, dans ce monde actuel, on ne peut pas être un ouléma accompli si l’on ne maîtrise pas au moins une de ces deux langues ; en effet, le Prophète (PSL) a une mission universelle ; ainsi, les oulémas qui sont ses héritiers doivent forcément pouvoir s’adresser à leur communauté dans leur langue, mais aussi au reste du monde par le biais du Français ou de l’Anglais qui sont devenus incontournables. Au vu de tout cela, l’enseignement religieux doit nécessairement être repensé.
En vérité, toutes les tares et déviations que nous déplorons entrent dans le cadre des signes de la ‘’fin des temps’’ (‘’akhirou zamân’’) prédits par le Prophète (PSL) ; oui, nous assistons à une véritable crise des valeurs : ‘’les gens négligent la prière, s’abandonnent à leurs passions et glorifient les riches …, le croyant sera plus méprisé qu’une servante, son cœur fondra comme le sel dans l’eau, à cause de tout ce qu’il verra d’illicite sans qu’il n’y puisse rien changer … ; les gouvernants seront débauchés, les ministres crapuleux [ou libertins], les hommes feront le pèlerinage de manière négligée pour se faire une respectabilité, les commerçants pour y faire du commerce, les indigents, pour s’y livrer à la mendicité et les gens instruits [ceux qui connaissent le Coran] par ostentation et pour faire parler d’eux … . Et Dieu enverra des serpents jaunes [missionnaires] piquer les’ Oulémas pour avoir constaté l’illicite sans rien faire pour s’y opposer. ». (Ibn Mardawayhi)
Et à l’évidence, dans un tel contexte, l’école coranique (‘’daara’’) est forcément en crise et doit préoccuper nos dirigeants politiques laïcs. Malheureusement, l’école laïque que nous avons héritée du colonisateur est loin d’être la solution – sinon plus malade ; en effet, à l’origine (1905), son objectif était de ‘’sortir Dieu de l’école’’ ; et c’est la persistance de cette tradition néfaste qui est à l’origine de tous les maux dont elle souffre et qui a gangrené la presque totalité de l’espace publique ; ainsi, pour la soigner, il ne suffit pas d’introduire l’éducation religieuse à l’école, mais il faut nécessairement réactiver toutes nos connaissances profanes, en y introduisant la dimension spirituelle – et dans tous les domaines (Politique, économie, psychologie, sociologie, médecine, etc.) ; et c’est là, à l’évidence, un programme titanesque – Un véritable challenge, ‘’surhumain’’, à la limite !
Et certes, il faut nécessairement moderniser les ‘’daaras’’ – c’est une exigence islamique ; mais il urge aussi pour tous ceux qui dénigrent les ‘’daaras’’ de faire d’abord leur propre introspection, en ayant à l’esprit cette célèbre mise en garde de Jésus Christ : (41) Et pourquoi regardes-tu la brindille de paille qui est dans l’œil de ton frère, et tu ne t’aperçois pas de la poutre qui est dans ton propre œil ? (42) Comment peux-tu dire à ton frère : Frère, permets que j’ôte la brindille de paille qui est dans ton œil, alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la brindille de paille qui est dans l’œil de ton frère. (Évangile selon Saint Luc 6 : 41-42)
Au demeurant, toutes les problématiques de l’heure (crise scolaire, économique, sanitaire, écologique, etc.) ne seront résolus qu’avec l’avènement du Mahdi qui, selon le Prophète (PSL), pour raccourcir, n’est autre que Jésus fils de Marie (Rapporté par Al-Hâkim) ; et gratifié par Allah de l’assistance du Saint-Esprit et des Anges, il apportera des ‘’preuves décisives’’ (irréfutables) à toute l’humanité – entre autre, un arbitrage décisif sur la plupart des sujets qui divisent la communauté islamique, comme l’enseigne le Saint Coran :
(57) Quand on cite l’exemple du fils de Marie, ton peuple s’en détourne … (61) Il sera la ‘’Science de l’Heure (fin des temps)’’. N’en doutez point. Et suivez-moi : voilà un droit chemin. (62) Que le Diable [l’Antéchrist (massih dajjâl)] ne vous détourne point ! Car il est pour vous un ennemi déclaré. (63) Et quand Jésus apporta les preuves, il dit : “Je suis venu à vous avec la sagesse et pour vous expliquer certains de vos sujets de désaccord [Il en sera de même avec la mission du Mahdi (Retour de Jésus fils de Marie)]. Craignez Allah donc et obéissez-moi. (64) Allah est en vérité mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-Le donc. Voilà un droit chemin”. (43. L’Ornement : 57-64 – Az-Zukhruf)
Oui, seul le Mahdi – le pôle exclusif de rayonnement du Saint-Esprit – pourra tuer l’Antéchrist [le ‘’Messie de l’égarement’’ (massih dajjâl), le ‘’Libre-Penseur’’, le ‘’Borgne menteur’’] et remplir la terre de paix, d’équité et de justice, après qu’elle fut le théâtre de l’iniquité et de la tyrannie (Rapporté par Abû Dawûd) ; bref, restaurer l’espoir et sauver ce monde en perdition. Que son règne vienne donc !!!

https://docs.google.com/document/d/1Ev3mNYGP8GNG8ta_OwdWDfMY_a5cMi709txTay7eps0/edit?usp=sharing

DOCTEUR MOUHAMADOU BAMBA NDIAYE
Ancien Interne des Hôpitaux de Dakar

• 10/01/2015

Ibrahima DIALLO

http://www.sudonline.sn/probleme-d-approche_a_22522.html

PROBLEME D’APPROCHE…

Avec un financement de dix (10) milliards de F Cfa de la Banque islamique de développement (Bid) - l’Etat contribuera à hauteur de 1 milliard de F Cfa - le Sénégal a pris l’engagement, depuis 2013, de construire soixante (60) daaras (écoles coraniques) modernes dans le pays. Ce programme se répartit comme suit : 32 de ces écoles seront publiques et les autres privées. Chaque daara comptera au moins cinq classes, avait expliqué le ministre de l’Economie et des Finances d’alors, Amadou Kane en mars 2013.

A terme, ce programme, hérité de l’ancien régime et qui avait déjà jeté les bases avec des campagnes de sensibilisation, impliquant divers acteurs et chefs religieux, aura le mérite de structurer et de contribuer à la formalisation d’une forme d’éducation séculaire non formelle. Mais qui occupe une place de choix dans la formation de l’essentiel des Sénégalais musulmans. C’est aussi une réponse à la situation des enfants dans la rue notamment des talibés. Donc, une solution au phénomène de la mendicité des enfants dans les rues au Sénégal. Après les concertations et campagnes de sensibilisations, le gouvernement s’apprête à amorcer une phase importante et essentielle du projet. Le cadre juridique, avec l’adoption envisagée sous peu d’un projet de loi sur la modernisation des daaras. Ce projet prévoit, entre autres mesures, une scolarisation des élèves selon trois étapes. (Voir par ailleurs)
Levée de bouclier

Ce cursus sera couronné par une certification de l’apprentissage du Coran par un inspecteur d’académie. Toutefois, d’autres voix avisées préconisent plutôt d’insérer directement l’enseignement du religieux dans le tissu pédagogique des enfants au Sénégal. Ce qui faciliterait les choses d’autant que le système est déjà normé, il suffira juste de le réorganiser.

Seulement, les opinions étant partagées, au moment où le gouvernement envisage de faire voter son projet de loi, il y a eu une levée de boucliers ces derniers temps contre ce projet de loi avec des maîtres coraniques, appuyés par certains guides religieux qui semblent déjà sonner la révolte. Et, la polémique s’est plus accentuée ces dernières semaines lors du gamou où différents chefs religieux se sont prononcés pour ou contre le projet. Pourtant, nombre de religieux, des maîtres coraniques en particulier, n’ont de cesse dénoncé un système éducatif sénégalais à deux vitesses : d’un côté des enfants du cadre formel (l’école publique ou privé) qui apprennent dans de bonnes conditions avec le soutien, l’appui et la subvention de l’Etat, et de l’autre, leurs camarades des daaras (non formel) laissé à eux-mêmes et dont certains sont réduits à la mendicité pour survivre.

Egal accès aux subventions du ministère

Or l’un des objectifs du programme de l’Etat c’est de corriger définitivement ce tord qui met une bonne partie des intellectuels issus de dernier système d’éducation non formel à la marge quand à la gestion administrative des affaires de la cité. Ceux qui rempliront le critère préétablis bénéficieront d’appuis et de subventions de l’Etat au même titre que les écoles formelles. La langue officielle et de travail du Sénégal étant le Français, ces derniers, quel que soit leur niveau ou compétences, sont de prime abord exclus de la compétition pour des postes administratifs, entre autres.

D’ailleurs, daara ne rime pas forcément avec mendicité des talibés, comme le renvoie l’image de milliers d’enfants, un pot de tomate à la main, squattant rues, commerces, maisons et feux rouges à Dakar ou d’autres grandes villes du pays à la recherche de pitance, pardon de « versements quotidiens », au risque d’être battus par le maître coranique. Mieux, entretenir un daara, sans faire mendier les talibés, malgré les maigres moyens du maître coranique, c’est possible. La preuve par des dizaines voire centaines d’écoles coraniques traditionnelles implantées un peu partout sur l’étendu du territoire sans aucun soutien de l’Etat dont des apprenants suivent aussi des cours à l’école publique.

Par exemple, à Nioro, un département réputé à la fois pourvoyeur de talibés-mendiants et zone de transit de maîtres coraniques, le « Daara Sahaba » de Serigne Abdoulaye Dramé, une école coranique dépourvue de presque tout, est une preuve de « l’avantage d’allier enseignements coraniques et français ». Ici, le niveau des dizaines de talibés qui alternent l’enseignement coranique et l’école française est très bon, car ils se positionnent souvent parmi les 5 premiers (entre 1er et 5ième) de leurs classes. Ce qui prouve que le cumul des deux enseignements n’entrave en rien l’éducation de l’enfant, au contraire.

En atteste, en 2013, une fille-talibé de ce daara, était la première du département au concours de récital de Coran qui a eu lieu le 09 mai 2013. En même temps cette élève alors en classe de 5ième au CEM de Nioro a eu une moyenne de 15 sur 20 au premier semestre. S’y ajoute que l’élève qui a eu la meilleure moyenne de Nioro, avec une moyenne de 17 sur 20 était également de ce daara. Aussi à Kaolack, des daaras se sont vus affectés des enseignants en langue française que l’Etat prend en charge. Les modèles de réussite ne sont pas exhaustifs. (Voir par ailleurs). Donc qui a peur de la modernisation des daaras ? Les acteurs directement concernés par le programme, les maîtres coraniques et autres guides et chefs religieux, ont-ils reçu la bonne information ? Les critères et la manne financière arrêtée pour accompagner le projet ne sont-ils pas à l’origine de la levée de bouclier ?

L’Etat, en annonçant l’adoption d’une loi sur les daaras, n’a-t-il pas mis la charrue avant les bœufs ? Le ministère de l’Education, chargé de piloter le dossier et le projet de loi, n’a-t-il pas pêché dans son approche ? Autant de questions sur lesquelles les autorités peuvent méditer pour tenir le taureau par les cornes, mêmes si depuis avant-hier mercredi 08 janvier dernier, à l’issue d’une rencontre entre les différents acteurs et le ministre Serigne Mbaye Thiam, les premiers sont rentrés en possession du projet de loi qu’ils peuvent étudier et amender au besoin.

• 12/01/15
http://news.adakar.com/h/26116.html

Modernisation des daaras au Sénégal : Un projet de loi mal perçu par les acteurs
La question de la modernisation des daaras divise l’Etat et tous les acteurs concernés (arabisants et familles religieuses). Pour aider les Sénégalais à mieux comprendre le contenu du projet de loi et les enjeux alentour du Projet d’appui à la modernisation des daaras (Pamod), Sud Quotidien revisite pour vous les différentes positions par les textes.
Le Sénégal veut moderniser l’enseignement et le fonctionnement des « daaras » (écoles coraniques). Dans son rapport de présentation du projet de loi fixant les conditions d’ouverture et de contrôle des « daaras », Sérigne Mbaye Thiam, ministre de l’Education nationale, partant du constat d’une « absence d’un cadre d’harmonisation et de coordination de multiples actions spontanées, menées de manière éparse, sans situation de référence et dans des conditions d’apprentissage souvent précaires », a émis la nécessité de changer leur mode de fonctionnement.

Le ministre de l’Education nationale a également relevé « une absence de formation pédagogique initiale et continue des maîtres coraniques, une absence de programmes et de médium d’enseignement harmonisés, des insuffisances dans la planification et la gestion des activités pédagogiques, mais aussi le manque de fonctionnalité de leurs locaux, respectant rarement les normes d’hygiène et de salubrité ».

C’est bien dans le souci de pallier ces insuffisances, que l’Etat a estimé « nécessaire », à la suite de l’adoption du projet de loi portant statut du daara (qui est source de polémique), « de mettre en place un dispositif règlementaire régissant les conditions d’ouverture et de contrôle des daaras afin de disposer d’un cadre formel et organisé, d’uniformiser les démarches et d’assurer aux apprenants de meilleures conditions d’études pour des enseignements-apprentissages de qualité ».

Statut du daara et scolarité

Dans les dispositions générales, au chapitre premier du projet de la loi portant « statut » du daara, il est stipulé : est « daara », toute institution islamique qui scolarise des apprenants âgés de 5 à 18 ans pour la mémorisation du Coran et l’éducation religieuse. A l’article 2, il est précisé que « la scolarité dure huit ans et se déroule en trois étapes : une première étape de trois ans consacrée à la mémorisation du Coran, une deuxième étape de deux ans, alliant mémorisation du Coran et programme des classes de Cours d’Initiation (Ci), de Cours préparatoire (Cp) et de Cours élémentaire-première année (CE1), et une troisième étape de trois ans réservée au programme des classes de cours élémentaire-deuxième année (CE2), et de Cours moyen-première année (CM1) et de Cours moyen-deuxième année (CM2) ».

Ouverture et fonctionnement du daara

Au chapitre 2 dudit projet de loi, il est déclaré à l’article 3 que « l’ouverture de tout daara doit être précédée du dépôt auprès de l’administration compétente, d’un dossier de déclaration préalable dont la composition est fixée par décret ». Il est également signalé que « le daara peut fonctionner dès l’accomplissement de cette formalité dont la preuve est apportée par la production d’un récépissé de dépôt de déclaration ». Le chapitre 4 apporte des clarifications sur la prérogative du daara de librement « recruter son personnel de direction et son personnel enseignant ». Toutefois, « les conditions et les titres exigibles pour servir dans les daaras sont fixés par décret », relève le texte. A l’article 5 dispose que « le daara doit respecter les programmes officiels dont les contenus sont fixés par décret ».

De l’appui et des subventions des daaras

Le chapitre 3 traite de la question des appuis, subventions et primes accordées aux daaras. L’article 7 mentionne que « le daara autorisé par l’Etat peut bénéficier d’un appui matériel, de cantines scolaires et de tout autre avantage nécessaire à son fonctionnement dans la limite des crédits inscrits à cet effet dans le budget du ministère chargé de l’Education. Les modalités d’attribution de l’appui sont fixées par arrêté du ministre chargé de l’Education ».

Mais aussi, structuré et innovant qu’il puisse être, le projet est décrié par certains acteurs qui le dégagent en touche. Certains représentants des daaras rejettent en bloc ledit projet de loi. Invité de la rédaction de Sud Fm hier vendredi 9 janvier 2015, Mouhamed Lamine Fall, un des acteurs du collectif des maitres coraniques détracteurs du texte, a laissé entendre que la loi ne passera pas. « Je peux vous assurer que cette loi ne passera pas. Nous avons l’aval des chefs religieux car vous avez entendu la déclaration de Touba et de Thiénaba. Nous sommes sous leur tutelle. Nous sommes leurs bras sur le terrain. C’est pourquoi lorsque l’Etat avait commencé sa tournée nous avions laissé faire pour savoir quelle sera la position des chefs religieux », a-t-il laissé entendre.

Mouhamed Lamine Fall a, par la même occasion, fustigé la position des Ongs sénégalaises. « A chaque fois, elles dramatisent les situations sociales pour pouvoir tirer le maximum possible de financements de l’extérieur. Comme les daaras sont censés être des regroupements vulnérables alors, elles tirent sur ça pour avoir le maximum de profits de ceux qui les financent à partir de l’extérieur », déplore-t-il entendre.

Et de poursuivre : « Nous savons que les Ongs tirent à chaque fois sur la sonnette d’alarme pour s’alimenter. Nous avons l’impression que ce projet de loi est un texte qui est conçu par les Ongs. Nous pouvons prendre tout en charge mais nous avons besoin de partenaires. L’Etat doit être un partenaire, il ne doit pas se positionner comme quelqu’un qui donne des ordres ». M. Fall, qui tient à rappeler que « les daaras sont des structures privées qui n’appartiennent pas à l’Etat », a soutenu qu’ils ne sont « pas prêts à céder les daaras à l’Etat dont le système éducatif a échoué ».

Pour lui, étant donné qu’ils ont constaté par eux-mêmes, l’échec du système scolaire du primaire jusqu’à l’université, ils ne vont jamais leur confier leurs enfants. « C’est l’échec total. Et ils veulent que nous leur confiions ce que nous avons de plus cher. Or, les structures qui produisent les hommes les plus célèbres de ce pays sont les daaras. Leur système est en faillite, par conséquent nous ne leur confierons jamais nos enfants. C’est impossible », a-t-il conclu.

Projet d’Appui à la Modernisation des Daaras (Pamod) ; Un programme cher au chef de l’Etat

Avec ses sept chapitres subdivisés en dix-neuf articles, le projet de loi est inscrit dans la politique éducative du président de la République, Macky Sall. Au cours de la cérémonie de lancement du projet d’appui à la modernisation, le chef de l’Etat avait déclaré en novembre 2013 que « le projet novateur d’appui à la modernisation des daaras (Pamod)… est une réponse concertée et efficace à la problématique de l’éducation à travers la promotion des saaras ».

Selon Macky Sall, « ce projet, d’une durée de cinq ans et d’un coût de 20 millions de dollars (10 milliards de F Cfa), est une initiative de l’Etat du Sénégal, fortement soutenue et financée par la Banque islamique de développement (Bid), avec une importante contrepartie du gouvernement ».

Le président de la République, annonçant à l’occasion que « le projet de loi portant statut du daara et les projets de décret d’application sont déjà élaborés et introduits dans le circuit d’adoption », s’était déjà félicité du « processus inclusif et participatif qui a permis d’aboutir au consensus de tous les acteurs, avec l’implication remarquable des familles religieuses, des maîtres coraniques et de leurs associations ».

Macky Sall a relevé, par la même, que « le gouvernement accorde un grand intérêt au succès du projet précurseur d’appui à la modernisation des daaras ». Pour le président de la République, « l’innovation pédagogique de taille que représente l’organisation, pour la première fois au Sénégal, d’un Baccalauréat arabe, ainsi que la réalisation prochaine du projet d’Université arabo-islamique, s’inscrivent dans la perspective de modernisation de notre système d’éducation, d’apprentissage et de formation professionnelle ».

• 14/01/15
http://www.au-senegal.com/gala-de-solidarite-le-23-janvier-2015,10578.html

Gala de solidarité le 23 janvier 2015

L’association Village Pilote vous convie à son gala annuel au profit des enfants des rues de Dakar. Ce gala de solidarité qui propose un cocktail dînatoire dansant se tiendra le 23 janvier 2015 à partir de 19h30 à la résidence du Général des éléments français au Sénégal.
Du 23 au 24 janvier / / résidence du Général des éléments français au Sénégal
Fondée en 1994, l’association franco-sénégalaise Village Pilote intervient au Sénégal à titre d’ONG.
En intervenant dans les secteurs comme la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, la formation professionnelle et le plaidoyer pour la protection des droits de l’enfant (lutte contre toutes formes de violence, l’incarcération, et l’exploitation des enfants), l’activité de Village Pilote a pour rôle principal de trouver des solutions durables pour la réinsertion des enfants en rupture familiale errant dans les rues de Dakar.

• 15/01/15 http://www.enqueteplus.com/content/cartographie-des-ecoles-coraniques-de-dakar-30-mille-enfants-mendiants-sur-un-effectif-de-54

30 mille enfants mendiants sur un effectif de 54 837 talibés
Les mendiants foisonnent dans Dakar. Une récente étude révèle qu’ils sont 30 mille enfants mendiants à arpenter au quotidien les rues de Dakar sur un effectif total de 54 837 talibés recensés.

Les chiffres se passent de commentaire, Dakar étouffe de ses mendiants. La capitale sénégalaise abrite 54 837 talibés dont 30 mille enfants mendiants. Les chiffres émanent d’une étude menée par la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes, entre octobre et décembre 2014 et dont les résultats seront restitués mardi prochain. Au terme de la cartographie, 1 006 écoles coraniques ont été répertoriées dans la région de Dakar avec un effectif de 54 837 talibés, dont 38 079 garçons et 16 758 filles. Ces écoles coraniques, comprises au sens inclusif d’institutions d’enseignement arabo islamique, sont structurées en trois (3) types. D’abord le franco-arabe, ensuite les daara, enfin les écoles arabes. Elles se concentrent le plus dans les départements de Dakar avec 30,8%, Pikine 27,4%, Rufisque 22,9% et Guédiawaye 18,9%.
Les daara, écoles coraniques par excellence ayant comme dominante pédagogique la mémorisation du Coran, constituent le noyau dur du système d’enseignement arabo-islamique au Sénégal. Ils représentent près de 81 % des structures répertoriées par l’étude. Cependant, 52% des enfants trouvés dans les écoles coraniques viennent des autres régions du Sénégal, 9% de pays de la sous-région et 39% des environs de la localité des écoles coraniques.
‘’Cela indique que la masse critique des daara de la région de Dakar provient du mouvement de mobilité des maîtres coraniques’’, renseigne l’étude. 53% des enfants trouvés dans ces écoles pratiquent donc la mendicité, soit 30 160 sur un effectif global de 54 837 enfants. Sur ce nombre, 91% font entre 1 h et 5 h de mendicité par jour dans la rue. 51% des apports de la mendicité des enfants se font en argent. Ceci montre la tendance ancrée de la mendicité des enfants à but économique, c’est-à-dire la prédominance de son caractère d’exploitation sur les déterminants pédagogiques de la quête de l’aumône à l’origine de cette pratique.

51% des apports de la mendicité des enfants se font en argent

Face au drame, une réponse nationale par rapport à la problématique des daara et la mendicité des enfants s’est traduite par la prise de mesures institutionnelles et légales. Mais aussi de développement de stratégie nationale et programmes dont celui portant sur les daara modernes. Face à la presse hier, la Plate-forme pour la promotion des droits humains (PPDH) a soutenu que dans son esprit, le projet de loi portant statut du daara est à saluer, ‘’car il vise le rétablissement de l’équité et l’égalité républicaine entre les différentes offres d’enseignement’’.
Selon Mamadou Wane de la PPDH, le projet de loi marque une certaine volonté politique de diversifier l’offre publique d’éducation inclusive en instituant des passerelles entre l’enseignement coranique et l’éducation formelle élémentaire et primaire. Membre de la PPDH, Assane Boye d’Amnesty international a salué la prise en compte de la loi portant statut du daara. L’article 16 dudit projet indique clairement que tous les responsables de daara dont les apprenants pratiquent la mendicité sont passibles des sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur.

Un projet de loi qui ne fait toujours pas l’unanimité

Cependant, les membres de la plate-forme ont regretté que malgré ces avancées, le projet soit rejeté par certains maîtres coraniques et leaders religieux, acteurs incontournables dans la réponse nationale à la problématique des daara du Sénégal. Pour l’intérêt des enfants et des daara et pour rendre effectif le droit de tous les enfants à une éducation décente, la PPDH a demandé au gouvernement d’entamer ‘’une large concertation nationale sur le projet avec l’ensemble des organisations des maîtres coraniques.
Mais aussi des représentants des foyers religieux islamiques, des acteurs publics et de la société civile impliqués dans la prise en charge de la problématique des daara’’. Mamadou Wane de dire que le projet de loi devra être soumis à un processus de validation nationale. Ainsi, personne ne pourra dire ensuite qu’il n’a pas été impliqué dans la prise de décision, souligne Mme Camara de l’Association des femmes juristes du Sénégal (AJS).
La PPDH suggère aussi au gouvernement d’introduire dans le projet de loi la reconnaissance des daara traditionnels qui contribuent à l’éducation religieuse des enfants et leur droit à l’accès au financement public. Président de la Coalition nationale des associations et ONG en faveur de l’enfant, François Raul Latouffe a soutenu que la plate-forme est prête à mener le combat contre la mendicité des enfants. Une plate-forme qui exhorte le gouvernement à renforcer les mesures d’accélération pour l’abandon de cette forme intolérable d’exploitation et de maltraitance des enfants.
AMADOU NDIAYE

• 15/01/15
http://www.lequotidien.sn/new/index.php/opinions-debats/projet-de-loi-portant-statut-des-daaras.html

Projet de loi portant statut des « daaras »
Une lecture critique pour la conciliation des positions

Récemment, j’ai appris, à travers la presse, qu’une délégation du ministère de l’Education nationale se rendait auprès des khalifes généraux pour leur présenter un projet de loi relatif à la gestion des « daaras ».
Je ne suis pas informé de la teneur des échanges ; mais, quelques semaines après, on a eu écho de réactions assez vives de la part de certains acteurs, révélant une défiance clairement exprimée à l’endroit du texte.
Je me suis alors employé, après étude du document, à proposer quelques éléments de réflexion dans le but de trouver une issue heureuse à la situation.
Il s’agira de mettre en relief d’éventuels facteurs de mésentente, tout en indiquant des pistes pour que la jonction nécessaire entre l’Etat législateur, les acteurs qui animent le secteur et les citoyens sénégalais (parents des enfants) soit réalisée.

Exposé des motifs du projet de loi

Problème avec le terme « moderniser » qui heurte souvent les acteurs.
De même, le fait de commencer par lister les « plaies » des « daaras » est assez frustrant avec un Etat qui est resté plus d’un demi-siècle sans assistance ou accompagnement significatif à l’endroit des structures.
La volonté d’édifier « un modèle unique de citoyenneté » est assez louable, mais il s’agit là de quelque chose de trop complexe, de trop sensible pour être réglé à coup de décret. Ici, c’est la négociation qui doit prévaloir avant toute décision.
Un certain nombre de questions devraient d’ailleurs être posées à ce niveau.
Quelles différences y a-t-il entre le Sénégalais issu des écoles dites « françaises » et celui issu des « daaras » sur les plans des compétences et du comportement ?
Qu’est-ce qui pourrait être fait pour que la jonction entre les deux modèles soit réalisable, si l’on sait qu’il s’agira toujours d’un même Peuple, d’une même Nation ?

La composition du document

Le contenu des 7 chapitres composant le document laisse clairement voir que le législateur considère que le système des « daaras » doit être traité exactement de la même manière et selon les mêmes normes que le système officiel.
Or il faut rappeler que le système officiel actuel connaîot des problèmes nombreux et variés, à tel point que des Assises nationales viennent d’être organisées pour trouver des solutions à ces problèmes.
Ces solutions ne sont pas encore trouvées, et on semble vouloir appliquer le même mode de traitement au système des « daaras ».
Et puis, les 7 chapitres semblent se résumer en quelques traits seulement : les conditions à remplir pour le fonctionnement, pour bénéficier des aides, avec des sanctions en cas de dysfonctionnements.
Beaucoup d’autres aspects auraient dû être évoqués ici.
Mais, surtout, un certain nombre de rencontres entre l’Etat et les acteurs, avec des échanges approfondis devraient précéder l’élaboration du document.

Chapitre 1 : Des dispositions générales

Le souci de doter l’apprenant du « daara » de compétences techniques instrumentales acquises généralement à l’école « française » est à saluer.
Le problème, cependant, se situe dans la manière de mêler les 2 types d’apprentissage, notamment la durée allouée à chaque type (globalement, 3 ans sur 8 pour le Coran ; le reste pour l’enseignement « francisant »).
Et puis, les 2 types d’enseignement doivent-ils forcément se dérouler dans le même cadre ?
Si l’on sait qu’il est peu probable que le même enseignant remplisse les conditions pour dispenser les 2 types de savoir, qui doit prendre en charge les apprentissages techniques ? Selon quelles modalités ?
Qu’en sera-t-il du leadership dans la structure en cas de coprésence ?
Cependant, le terme « peut » dans l’article 2 du projet de loi est très important ; il implique normalement le caractère facultatif, donc non contraignant d’une option.
Autrement dit, on pourrait comprendre que le « daara » pourrait exister sans forcément comporter les éléments évoqués dans l’article 2 du projet de loi.
Si c’est le cas, il faudrait que le texte le dise clairement.

Chapitre 2 : De l’ouverture, du personnel et des programmes

Les motifs présentés dans le projet de décret correspondant peuvent être considérés comme acceptables.
Cependant, compte tenu des réalités du terrain, le dossier du « daara » pourrait être plus simplifié.
Les rubriques telles « listes des personnels enseignants et administratifs » ; « qualification » ; « note sur les titres et diplômes préparés » devraient être mieux étudiées ; même si, il faut le rappeler, des éléments concernant ces rubriques semblent avoir été l’objet de consensus, si l’on se fie à l’accord-cadre signé le 1er décembre 2010, entre le ministère de tutelle et le Collectif national des associations des écoles coraniques du Sénégal (Cnaecs)
Mais, en tout état de cause, le législateur semble éprouver quelques difficultés à se détacher du modèle « classique », pourtant très différent de celui des « daaras ».
Le souci de gestion et de contrôle est normal ; mais, il faut veiller à ce qu’une commission spéciale dans laquelle les acteurs des « daaras » sont bien représentés en assure la mise en œuvre.
Il faut également penser à alléger les modalités du contrôle de l’autorité compétente, notamment en ce qui concerne les finances. (On pourrait par exemple se limiter dans le contrôle, aux fonds, matériels et équipement provenant de l’Etat ou ses démembrements).
Projet de décret sur les conditions et titres exigibles des Directeurs et du personnel enseignant dans les « daaras »
Le souci de gestion et de contrôle est, ici aussi, acceptable. Pour les aspects légal et administratif du dossier, l’Autorité peut décider ; mais, pour les aspects techniques et pédagogiques notamment, l’Autorité doit s’attacher les services d’une commission spéciale mise sur pied en collaboration avec les acteurs.
L’article 3 est acceptable pour ce qui semble un choix laissé aux intéressées soit de ne s’occuper que du « daara » « traditionnel », soit de cumuler avec le « daara » dit « moderne ».
L’article 5 évoque le respect des programmes ; mais, le décret fixant ces programmes n’est pas disponible dans le document dont je dispose.

Chapitre III : des appuis, subventions et primes aux « daaras »

Le terme « peut » aux articles 7,8 et 9 peut poser problème en ce sens qu’il implique une possibilité ou non d’application dans certaines conditions non définies. On devrait être plus direct et plus précis dans la formulation.

Chapitre IV : de la délivrance des diplômes et certificats

Article 11 : penser faire de cette commission qui certifie la mémorisation du Coran, une commission spéciale dans la quelle les acteurs seront bien représentés.
Chapitre V : du Conseil consultatif des « daaras » (Ccd)
Penser à mettre dans ce Conseil des représentants des principaux guides religieux (Khalifes généraux)
Penser aussi, à terme, à substituer à ce Conseil une « super » Direction (voire un ministère délégué ou un secrétariat d’Etat) pour prendre en charge de façon intégrale toute la dimension de l’enseignement du Coran et de la gestion des « daaras ».
Cette structure pourrait s’occuper entre autres de la délivrance d’autorisation d’enseigner, d’états de services effectués, d’attestation d’aptitude à enseigner le Coran etc.

Chapitre VI : des sanctions et pénalités

Article 16 : la mendicité dans le cadre du « daara » doit être appréhendée de façon différenciée par rapport à celle que l’on rencontre ailleurs, dans le cadre plus général de la loi sur la mendicité.

Chapitre VII : des dispositions transitoires et finales

Projet de décret relatif aux conditions de la reconnaissance et aux modalités d’attribution de subventions, primes et appuis aux « daaras »
La décision du gouvernement d’intégrer les « daaras » dans le système éducatif est à saluer, même si elle est assez tardive.
De même, la possibilité pour le « daara » de bénéficier des subventions au même titre que les institutions d’enseignement privé.
Article1 : pour les conditionnalités, il faut un « daara » comportant un volet « enseignement élémentaire » (article 2 du projet de loi).
Autrement dit, le « daara » qui n’enseigne que le Coran et les sciences religieuses islamiques ne peut être reconnu, ne peut donc pas bénéficier de subvention de la part de l’Etat. Cela devrait être revu.
Le choix devrait être laissé au promoteur d’opter pour l’un ou l’autre des modèles évoqués par les articles 1 et 2 du projet de loi (ou les 2 cumulativement).
En Conclusion…
Ce qui, à mon sens, explique le plus la réticence des acteurs du secteur vis-à-vis du projet de loi réside surtout dans le préjugé et la méfiance des intéressés ; attitude assez compréhensible au demeurant.
Il faut rappeler que, depuis 54 ans que le Sénégal est indépendant, l’Etat ne s’est jamais sérieusement préoccupé de l’enseignement coranique et des « daaras ».
Il y a eu peut-être par-ci, par-là quelques initiatives plus ou moins timides et pas assez efficaces en direction du secteur, telle la création des écoles franco arabes (Efa) en 2002, l’institution de l’Inspection des « daaras », la création de « daaras modernes », etc.
Mais, l’élément central, qui a toujours dominé dans l’intérêt de l’Etat à l’endroit des « daaras », a essentiellement tourné autour de la problématique de la mendicité » et de la précarité des conditions d’existence dans les « daaras », toujours imputée aux seuls « daaras ».
Et, avant les indépendances, il s’agissait d’hostilité systématique de la part des Autorités coloniales. Ce qui, du reste se comprend assez facilement.
Voilà pourquoi aujourd’hui, si l’Etat semble enfin se décider à mieux s’intéresser aux « daaras », la démarche aurait dû commencer par s’assurer de la confiance des acteurs ; ce qui garantirait leur adhésion aux réformes.
L’Etat aurait dû commencer avec des mesures beaucoup moins contraignantes par rapport notamment aux conditions d’ouverture, au mode de fonctionnement, aux programmes, aux modalités de bénéfice des appuis et subventions et, surtout, en ce qui concerne les sanctions et pénalités.
Cela aurait permis de restaurer la confiance et de donner aux concernées un peu de temps pour s’imprégner de la situation et accepter les changements qui, pour une grande part, se justifient objectivement.
Par ailleurs, il faut revoir l’usage des termes « moderne » et « moderniser » que l’on emploie pour les « daaras ». Ce sont des concepts connotés qui frustrent inutilement les acteurs qui les assimilent à « occidental », « tubaab », etc.
Pour éviter tout malentendu, il est peut-être temps de considérer le « daara » comme une entité ayant sa propre identité qui peut être différente de celle du système d’enseignement officiel. Cette entité, rappelons-le, a quand même le privilège de l’ancienneté par rapport au modèle officiel ; et, elle a produit des résultats bien connus.
Bien entendu, cela n’enlèverait en rien la nécessité pour les sortants des « daaras » d’acquérir des compétences techniques indispensables dans l’environnement mondial actuel.
Cela ne dispenserait pas également de la nécessité de la qualité dans les conditions de vie et de fonctionnement des « daaras », ni de celle du suivi et du contrôle des services de l’Etat.
Mais, en tout état de cause, la révision de certains éléments du document, une approche mieux négociée avec les acteurs aideraient beaucoup à rapprocher les positions.
Cela permettrait à l’Etat de pouvoir suivre et contrôler les structures d’enseignement coranique et aux « daaras » de bénéficier enfin de tout ce dont ils ont été trop longtemps sevrés, alors qu’ils en avaient un droit indiscutable.

Mamadou LO
Inspecteur de l’Education nationale à la retraite
Quartier Guédé TOUBA
lomaxtaar@yahoo.fr

• 16/01/2015
http://www.senenews.com/2015/01/16/etude-sur-la-mendicite-54-837-talibes-recenses-a-dakar-dont-30-mille-enfants-mendiants_106454.html

Etude sur la mendicité : 54 837 talibés recensés à Dakar dont 30 mille enfants mendiants

La mendicité continue toujours de gagner de l’ampleur au Sénégal. Les chiffres sont là pour traduire ce mal qui gangrène la société. 54 837 talibés sont recensés à Dakr dont 30 mille enfants mendiants selon une étude la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes, entre octobre et décembre 2014 et dont les résultats seront restitués mardi prochain.
Il revient que 1 006 écoles coraniques ont été répertoriées dans la région de Dakar avec un effectif de 54 837 talibés, dont 38 079 garçons et 16 758 filles. Spécialisés dans l’enseignement arabo islamique, ils sont structurées en trois (3) types. D’abord le franco-arabe, ensuite les daara, enfin les écoles arabes. Elles se concentrent le plus dans les départements de Dakar avec 30,8%, Pikine 27,4%, Rufisque 22,9% et Guédiawaye 18,9%.
A eux seuls les daaras représentent près de 81 % des structures répertoriées par l’étude. Cependant, 52% des enfants trouvés dans les écoles coraniques viennent des autres régions du Sénégal, 9% de pays de la sous-région et 39% des environs de la localité des écoles coraniques.
Face à la presse hier, la Plate-forme pour la promotion des droits humains (PPDH) a soutenu que dans son esprit, le projet de loi portant statut du daara est à saluer, ‘’car il vise le rétablissement de l’équité et l’égalité républicaine entre les différentes offres d’enseignement’’.
Selon Mamadou Wane de la PPDH, le projet de loi marque une certaine volonté politique de diversifier l’offre publique d’éducation inclusive en instituant des passerelles entre l’enseignement coranique et l’éducation formelle élémentaire et primaire. Membre de la PPDH, Assane Boye d’Amnesty international a salué la prise en compte de la loi portant statut du daara. L’article 16 dudit projet indique clairement que tous les responsables de daara dont les apprenants pratiquent la mendicité sont passibles des sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur.

• 19/01/15
http://www.lequotidien.sn/new/index.php/opinions-debats/projet-de-loi-sur-l-enseignement-du-francais-dans-les-daaras.html
Projet de loi sur l’enseignement du français dans les daaras

Non à une loi, oui à un choix libre
Avant de voter un projet de loi sur l’introduction de l’enseignement du français dans les daaras, il faut d’abord réunir tous les acteurs qui jouent un rôle dans les daaras, comme les khalifes généraux, l’Etat, les imams, les serignes daara, les parents, les talibés, les chefs de quartier, les organisations de la société civile et les Ong, autour d’un cadre de concertation pour diagnostiquer les problèmes et proposer des solutions.
Daara et mendicité, historiqueIl faut aussi revenir sur le lien historique qui existe entre le daara et la mendicité car le rôle du daara était d’instruire, d’éduquer… Dans cette étude, certains daaras emblématiques méritent que l’Etat les aide dans leur fonctionnement, car dans l’histoire du Sénégal ils ont joué un rôle très important. C’est le cas du daara de Diamal. Aujourd’hui, le flambeau laissé par Abdoulaye Cissé, son fondateur est porté haut par l’actuel khalife de la famille, Mame Abdou Cissé, un guide affable, mais pétri de qualités humaines et de connaissances religieuses. L’apprentissage du saint coran et les activités de la terre y sont érigés au rang de culte.Des personnalités religieuses, des islamologues apparentés et aujourd’hui reconnus, des « domou-sokhna » de toutes les « tarikhas » (confréries) du Sénégal et d’ailleurs, ou de simples Sénégalais s’étant fait un nom dans la religion par la suite, sont passés à Diamal. Entre autres, feu El Hadji Ibou Sakho, feu Serigne Bara Mbacké, défunt khalife des mourides, qui y a passé plus de deux années, Son excellence El Hadji Moustapha Cissé, qui est d’ailleurs un membre de la famille, le célèbre prédicateur El Hadji Moustapha Guèye, El Hadji Mor Anta d’Arafat, Baye Aladji Oumar Ndao, pour ne citer que ceux là. Et Diamal n’est qu’un exemple parmi d’autres foyers religieux au Sénégal.
Daara, lieu d’enseignement islamique
La mendicité est perçue comme étant une pratique propre au « daara » donc indubitablement à l’islam. Peut-on évaluer les conséquences qui réellement peuvent en découler ? Quand on sait qu’elle ne cesse d’alimenter les sujets de discussion dans les lieux publics du fait du relais élastique qu’en font les médias. Il est unanimement admis qu’au Sénégal dès qu’on évoque la notion de daara, les esprits sont tournés vers la religion musulmane. En effet on pense nécessairement aux apprenants du Coran dans les grands foyers religieux communément appelés « talibés ». Dans ces circonstances, le souvenir des grands hommes comme El Hadji Omar Foutiyou Tall, El Hadji Malick Sy, Serigne Touba, Abdoulaye Cissé Serigne Diamal, Mame Mor Anta Saly Mbacké, Khalima Diakhaté, Khalima Amar Fall, Amadou Cissé de Pire, Abdoulaye Niasse et tant d’autres, plane. Mais ces illustres personnalités, à quel dessein avaient-t-ils installé les Daaras ? Au-delà de l’apprentissage et de la mémorisation du saint Coran, la mendicité qui s’y pratiquait avait pour but d’inculquer certaines valeurs morales telles que l’endurance, la patience, l’humilité, la perspicacité etc. pour une formation complète de l’être humain. Mais actuellement le spectacle qui se déroule dans les rues de la capitale montre que le secteur connaît des intrus qui portent le manteau d’enseignant coranique. Ce sont eux qui en réalité infestent le milieu des daaras. L’exode rural et le « business talibé » sont deux fléaux qui alimentent aussi le milieu. C’est pourquoi il urge de mener une lutte contre cette agression permanente de l’Islam en prenant comme viatique le legs des grands hommes que nous avons cité un peu plus haut et d’exhorter tous les guides religieux à se lever comme une seule personne pour éradiquer le mal qui gangrène le milieu des daaras. L’authenticité de la mendicité découlait du fait que parent et maître coranique étaient tous démunis et cette carence était comblée par la recherche de la pitance, mais dans un paramètre de temps déterminé et s’adonner à l’agriculture pendant l’hivernage. Ils mettent aussi en garde contre toute forme d’immixtion (ingérence) de l’Etat ou des personnes qui cherchent à nuire à l’islam. C’est pourquoi le milieu nécessite une réorganisation et une réglementation stricte où les trois acteurs que sont les maîtres coraniques, les parents, et l’Etat sont interpellés. Chacun d’eux doit avoir clairement conscience que l’enfant a besoin d’un enseignement, d’une éducation et d’une formation qui nécessitent des critères assez sélectifs pour régir le secteur afin que les manquements qui peuvent en découler n’affectent point l’Islam. Ce qui doit primer alors, c’est le degré de connaissance et de moralité de celui qui est appelé à enseigner le Coran et les préceptes religieux.Pour dire qu’on ne rejette pas les réformes dans le milieu des daaras, mais quels genres de réformes ? Dans quels secteurs ? Comment ? Est-ce que tous les acteurs y seront impliqués ?
Recommandations
Le fonctionnement du daara nécessite une modernisation mais elle doit se faire selon un processus qui commence d’abord par la construction des daaras qui répondent aux nouvelles réalités , s’assurer de la bonne formation des serignes daaras, faciliter l’accès de ces enfants à des formations professionnelles parallèlement à leur éducation religieuse, à travers des conventions qui seront signées avec des chefs d’atelier, l’accès aux services et à des soins de santé, par la signature avec les structures de santé locale d’une convention de prise en charge, faciliter l’accès à ces enfants à une alimentation, à une hygiène corporelle et à des vêtements décents. Améliorer les conditions d’apprentissage dans les « daaras » ou école coranique, par un appui institutionnel qui promet un « daara » moderne, mettre en place un cadre juridique et un code de conduite pour règlementer la situation des daaras, mettre sur pied une Ligue des daaras chargée de coordonner leurs activités pour faciliter les échanges avec les partenaires stratégiques (Etat, bailleurs, Ong, société civile…)Réduire la vulnérabilité des ménages en mettant en place des mesures de protection sociale dans des zones d’origine des enfants migrants ;Créer un fonds de solidarité sociale alimentée par la collecte de zakkat, de dons et de souscriptions volontaires. Ce fonds sera géré de façon rationnelle avec obligation de reddition de comptes et de transparence.Impliquer davantage tous les chefs religieux des différentes confréries du Sénégal pour s’approprier ce fléau social et travailler en synergie pour l’émergence d’un nouveau type de daara moderne préservant son cachet originel, inviter Monsieur le président de la République Son Excellence Macky Sall à impliquer ses pairs de la sous-région à entreprendre des actions concertées et harmonisées pour lutter contre la mendicité ;Soumettre à un contrôle plus strict nos frontières et lutter contre l’exode rural.Interpeller les médias sur les focus de bonnes pratiques en matière de daaras.Demander à la justice de travailler dans le sens d’élaborer des lois adaptées à nos réalités socioculturelles et veiller à leur bonne application, adresser une requête aux décideurs pour l’insertion effective d’un programme d’enseignement religieux dans le système éducatif, assurer l’exécution et le suivi de ces recommandations.Quand toutes ces conditions seront réunies, ce projet de loi sera soumis à l’ensemble des acteurs, ainsi chacun sera libre de l’accepter ou de le refuser car nous sommes dans un pays de liberté et de démocratie, qui exigent une organisation et un cadre de concertation de tous les acteurs concernés.
Babacar CISSE

• 20/01/15 http://www.ambafrance-sn.org/Le-gala-annuel-de-solidarite

Le gala annuel de solidarité en faveur des enfants des rues au Sénégal se tiendra le 23 janvier prochain à la Résidence du Général des Forces françaises du Sénégal.

Le gala de solidarité est l’occasion pour Village Pilote de réunir ses partenaires autour d’un événement festif, de communiquer sur l’association et ses activités, de mobiliser des ressources pour permettre une meilleure prise en charge des enfants et jeunes en rupture. Il offre également la possibilité à chaque participant de témoigner de son engagement auprès de l’association.
Pour cette 5ème édition, notre hôte sera le Général Duhau, des Eléments français au Sénégal.
L’accès à la résidence se fera en prévente ou préinscription uniquement ainsi que sur présentation d’une pièce d’identité.
Pour y participer et soutenir le projet de réinsertion des enfants de la rue en compagnie de nos partenaires :

LA DATE : Vendredi 23 Janvier 2015
LE LIEU : Résidence du Général des Forces Françaises au Sénégal
LE CONCEPT : Cocktail-dînatoire ponctué d’animations musicales, soirée dansante, Exposition de peintures et photographique, Tombola

• 29/01/15
http://actunet.sn/reformes-des-daaras-opposition-farouche-des-religieux/

Réformes des Daaras – Opposition farouche des religieux

Animé d’une volonté de réformer l’enseignement coranique au Sénégal, l’Etat est depuis quelques temps dans une situation indélicate parce que opposé aux acteurs de ce secteur qui ne veulent pas entendre parler de ce projet de loi portant modernisation des daaras. Interviewés ou participant à des débats télévisés ou radiophoniques, la plupart des maîtres coraniques ont été catégoriques sur cette question. Pour eux, si l’Etat veut moderniser les daaras, il n’a qu’à donner les moyens financiers et matériels nécessaires pour offrir aux enfants les meilleures conditions d’apprentissage des versets coraniques. Un point sur lequel s’accordent beaucoup d’entre eux, de même que les guides religieux et les acteurs de la société civile qui disent être tous d’accord sur le principe et l’esprit de ce projet. Pour ces derniers, c’est le libellé de ce projet de loi portant modernisation des daaras qui a suscité des controverses au Sénégal et a engendré des réticences. C’est l’avis, en tout cas, de la Fédération nationale des associations d’écoles coraniques du Sénégal (Fnaecs).
Ce que les maîtres coraniques rejettent
Secrétaire général de la Fédération nationale des associations d’écoles coraniques du Sénégal (Fnaecs), Oustaz Adama Seck explique : « On nous avait convié à une rencontre. On avait fait beaucoup de propositions, mais cela n’est apparu nulle part dans le projet de loi. Et si on est contre, c’est parce qu’on avait fait plusieurs amendements qui n’ont pas été pris en compte dans le document qu’on veut soumettre aux députés. On avait demandé qu’on nous montre le document avant validation, cela n’a pas été fait non plus ».
Ex-collectif national devenu fédération, depuis octobre 2011, la Fnaecs est forte de 712 entités regroupant au moins 16 800 daaras présents dans les 45 départements du Sénégal. Oustaz Seck chiffre le nombre d’apprenants inscrits et pris en charge par les membres de ladite fédération créée en 2008, à plus de 2 millions de talibés.
Responsable d’un daara, aux Parcelles Assainies, il a rappelé qu’un accord cadre pour la promotion des daaras au Sénégal a été signé à Dakar le 1er décembre 2010 entre Moustapha Lô, le président de la Fnaecs et Kalidou Diallo, à l’époque ministre de l’Enseignement préscolaire. Quatre (4) ans après la signature de l’accord, l’Etat semble ranger tout aux oubliettes. La Fédération dit avoir noté, aussi bien sa non-implication dans le processus, alors que les prêcheurs et les journalistes ont été invités à donner leur avis sur le projet de loi, que la non-prise en compte des points contenus dans l’accord-cadre que les deux parties avaient paraphé. Ce que déplorent les membres du Bureau exécutif national de la Fnaecs qui estiment qu’il n’y a pas eu de concertations avec les vrais acteurs.
Le gouvernement invité à une large concertation nationale
Des acteurs de ce secteur réunis au cours d’une rencontre initiée, récemment, sur la question par la Plateforme pour la promotion des droits humains (Ppdh), structure réunissant des acteurs de la société civile qui portent en commun l’objectif d’éradication de la mendicité forcée des enfants au Sénégal, ont salué l’esprit. Coordonnateur de la Ppdh, Mamadou Wone et ses collaborateurs ont salué cette volonté, mais disent être contre certains points soulignés dans ledit projet.
« Le projet de loi tel que libellé est controversé, mais dans son esprit, il est à saluer. Car il vise le rétablissement de l’équité et l’égalité républicaines entre les différentes offres d’enseignement. Il marque une certaine volonté politique de diversifier l’offre publique d’éducation inclusive en instituant des passerelles entre l’enseignement coranique et l’éducation formelle élémentaire et primaire », a-t-il indiqué. Ayant constaté le rejet dudit projet, par certains maîtres coraniques et leaders religieux, la Ppdh a invité le gouvernement à entamer une large concertation nationale sur le projet avec l’ensemble des organisations de maîtres coraniques, des représentants des foyers religieux islamiques, des acteurs publics et de la société civile impliqués dans la prise en charge de la problématique des daaras.
30 000 enfants mendiants sur un effectif de total de 54 837 talibés recensés à Dakar
« Les daaras sont confrontés à une extrême précarité des conditions d’apprentissages et de vie pour ses pensionnaires (talibés) internes, mais aussi marginalisés alors qu’ils constituent les premières écoles historiquement connues, confie M. Wone. Ce qui fait que, selon lui, la plupart des talibés sont soumis à la mendicité. Et rien que dans la région de Dakar, près de 30 000 enfants mendiants sur un effectif de total de 54 837 talibés ont été recensés, indique la Ppdh citant une récente étude de cartographie des écoles coranique de la région de Dakar, réalisée par la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes. Au Sénégal, plus de 50.000 daaras sont répertoriés.
Né du temps du régime socialiste, dépoussiéré par les libéraux, le projet de réforme des daaras a connu une évolution fulgurante entre les mains de l’autorité. Seulement une des causes du rejet se trouve dans la volonté de l’Etat de limiter la scolarité à une durée de huit ans divisés en trois phases, dont une première étape de 3 ans, consacrée à la mémorisation du Coran.
Mohamed Niasse, un maître coranique établi à Yeumbeul, pense que le manque d’information claire sur la question est à l’origine du rejet de ce projet. « Le problème est qu’en réalité, ceux qui parlent et décident au nom des daaras ne sont pas responsables de daara. Ils ne sont pas des interlocuteurs fiables dans ce dossier », dit-il.
A Touba, les maîtres coraniques se barricadent
A Touba, la capitale du mouridisme qui concentre un nombre important de daaras, avec plus d’un million d’habitants, le rejet du projet de loi est presque unanime. Selon Khaly Diakhaté, président de l’association des écoles coraniques du Sénégal, section Touba, il existe 1042 daaras dans la localité, selon le recensement de 2009 sur le sujet. Un chiffre qui a certainement évolué, six ans après. Il est important de rappeler que les maîtres coraniques de Touba et environs, qui rejettent le projet de réforme des daaras tel que formulé par le gouvernement, bénéficient de l’appui et du soutien du Khalife général des mourides, Serigne Sidy Makhtar Mbacké à qui ils ont expliqué les motivations de leur rejet du projet. Ce qui ne facilite pas la tâche au gouvernement, contraint à reformuler son projet de modernisation des daaras, cette fois-ci de concert avec les acteurs.
Iran Ndao : « Mame Abdou Aziz Dabakh était contre ce projet »
Prêcheur à la Sentv, Iran Ndao est de ceux qui sont contre ce projet. « En vérité cette affaire avait été soulevée du temps où Mame Abdou Aziz Sy Dabakh était en vie. Khalife général des tidianes, il avait fustigé cette volonté étatique. Ce qui avait poussé les autorités à reculer. Seulement, le véritable problème est qu’on ne peut pas obliger une personne à faire ce que l’on veut sans qu’il ne comprenne les tenants et les aboutissants. Ce qui pose aussi véritablement problème, c’est qu’on ne sait pas combien de milliers ou de millions de daaras existent au Sénégal. Donc, cela revient à dire que ce sera très difficile de faire passer ce projet. Les maîtres coraniques sont très nombreux et éparpillés. Les regrouper ne sera pas chose aisée », dit-il.
Serigne Mbaye Thiam : « Qu’on nous souligne ce qui n’est pas bon dans le projet »
Pour sa part Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Education nationale, qui participait à un débat télévisé à la Rts, a précisé que « l’Etat est prêt à engager le dialogue, dans le calme et la sérénité ». « Je vais soumettre aux Sénégalais le projet de loi sur le net et les médias pour recueillir leurs idées, suggestions et critiques. Nous voulons qu’on nous souligne ce qui n’est pas bon dans le projet, ce qu’il faut améliorer et ce qu’il faut enlever », propose-t-il.
En tout cas, pour l’heure, le projet de modernisation des daaras a plus de chances d’être rangé dans les tiroirs que d’être appliqué.

• 31/01/15 http://www.lequotidien.sn/new/index.php/component/k2/empire-des-enfants-nid-d-espoirs.html

Empire des enfants : Nid d’espoirs

Babacar Guèye DIOP

L’Empire des enfants, centre d’accueil créé en 2003, est un phare qui guide les chérubins en rupture de ban. Sans moyens, il essaie de lutter contre la déperdition scolaire, de juguler le phénomène des enfants de la rue. Malgré les impairs, les responsables de la structure réussissent à entretenir la flamme et à offrir d’autres destins à ces jeunots. Déjà, il a permis de réinsérer plus de 3 500 enfants et à leur redonner l’affection familiale.
L’obscurité se dissipe pour faire place à la lumière. Les premières lueurs du jour avalent la longue nuit de l’Empire des enfants. Arrachés à l’affection familiale et à celle des prochains, des milliers d’enfants trouvent leur bonheur depuis 2003 dans cet endroit vautré dans une saine ambiance. Ils trouvent dans ce coin aseptisé confort, réconfort et sécurité. A jamais. L’Empire des Enfants, une organisation qui œuvre pour la prise en charge et la protection des enfants vivant dans les rues, est également une référence dans le domaine de la prise en charge de ceux-là grâce à son approche sociale et la qualité des équipements qu’il offre à ses occupants et son encadrement.
Niché dans le quartier populaire de la Médina, il dispose d’un internat d’une capacité d’accueil de 30 lits qui héberge des enfants âgés de 5 à 18 ans. Coloré en bleu et blanc, le siège de l’Empire des enfants est une grande pièce. Devant le portail, de magnifiques dessins colorent l’ambiance de la maison. A l’intérieur, une grande cour sert de cadre aménagé pour permettre aux enfants de jouer et d’oublier le stress que les parents et des marabouts véreux leur ont infligé en les jetant dans la rue. Impitoyable destin !
Dans une chambre, une pléthore de lits entrelacés. D’habitude plus bouillant, le centre affiche une tranquillité de cathédrale durant cette matinée où une dizaine de gamins s’amusent. Anta Mbow, présidente de la structure, a lancé le projet pour lutter contre la déperdition des enfants en 2003. L’objectif de la prise en charge est la réinsertion familiale ou préprofessionnelle. Les pensionnaires du centre sont totalement pris en charge (nourriture, couverture médicale, habillement,...) et bénéficient d’un suivi psychosocial avec un encadrement de travailleurs sociaux. Ils ont aussi la possibilité de suivre plusieurs activités sportives, artistiques ou scolaires.

3 500 enfants réinsérés dans leur famille depuis 2003

A l’assaut de cette matinée naissante, une dizaine d’enfants, presqu’en haillons, jouent le long de la véranda dans une ambiance joviale. Les uns jouent au football, d’autres se plaisent au babyfoot. Le vigile en tenue bleue, veillant au grain, est posté devant le portail de la maison en vue de garantir la sécurité des enfants. De temps en temps, des personnes, mine inquiète, cherchent éperdument sans grand espoir un proche perdu.
Il est 11h du matin. En cette matinée frisquette du mardi, Macouta Danfakha est au bord de la rupture. Depuis samedi, elle cherche son petit-fils qui a fondu dans le décor dakarois. Après des annonces dans les radios privées, la dame, accompagnée de sa petite fille, a rappliqué à l’Empire des enfants. Invitée par le gardien du temple à identifier sa progéniture dans la meute d’enfants, Mme Danfakha, qui cloue sous le poids de l’âge, court lorsqu’elle aperçut la silhouette de son gamin. Elle est étreinte par l’émotion : Macouta Danfakha serre chaleureusement le jeune Sadio Danfakha contre sa poitrine, verse de chaudes larmes. Vivant à la rue 5 de la Médina, Sadio Danfakha, 5 ans, teint clair, a échappé à la vigilance de ses parents depuis samedi. « On l’a cherché presque partout. Nous avons fait des annonces dans les radios. En vain. On nous a indiqué ici : c’est pourquoi on est venu », dit cette grand-mère. Elle est soulagée.
Mais laisse derrière elle des enfants qui ont pratiquement perdu le droit de rêver, d’échafauder des projets d’avenir. Dans ce monde, il y a encore des hommes qui essaient de leur infuser des ambitions. Cheikh Sall, éducateur spécialisé au niveau de l’Empire des enfants, offre son affection à ces chérubins depuis six ans. Souvent amenés au centre par la police, la gendarmerie, des juges ou par des tierces personnes, les enfants qui vivent au niveau de l’Empire vont subir une éducation, mais aussi l’apprentissage de métiers. Dans la structure, on décompte une commission de l’alphabétisation, un atelier de cordonnier, un autre de menuiserie, sans oublier la distraction telle que la musique, la danse, etc. Selon Anta Mbow, présidente de l’Em¬pire des enfants, la boîte a déjà réussi à réinsérer 3 500 enfants auprès de leurs familles respectives. Evaluant son bilan, Mme Mbow refuse de tomber dans l’autoglorification. « Le chiffre n’est pas important. Même si c’était dix enfants, si on les récupère en les aidant à retrouver leur famille, vous avez réussi. Sur 5 millions de Sénégalais, si chacun essayait d’aider dix enfants, ces derniers vont réussir dans la vie », professe-t-elle. Pour l’année écoulée, sur les 248 enfants mobilisés par le centre d’accueil, 244 ont pu retourner chez eux.

Les enfants dans la rue : un phénomène omniprésent

Malgré tous ces efforts, le phénomène des enfants de la rue perdure au Sénégal. Des marabouts continuent d’exploiter ces gamins en toute impunité. Absente au moment de la visite des installations, Anta Mbow cristallise l’ambiance bon enfant qui règne dans sa structure. A peine revenue, elle est assaillie par « ses enfants » qui ne manquent d‘afficher leur gaieté lorsqu’ils voient leur bienfaitrice. Heureuse de cet accueil chaleureux, elle distribue des sachets d’eau. Pourtant, elle est débordée d’amertume au moment d’évoquer ce sujet. Madame Anta Mbow accuse les parents et les marabouts d’entretenir ce fléau. Elle affiche son pessimisme : « Ce phénomène n’est pas près de terminer. C’est grave et triste pour le Sénégal. Côté responsabilités, il y a les parents d’abord. Comment peut-on mettre au monde un enfant et décider un jour de le prendre et le confier à quelqu’un à 600 km ? Quand ils échappent aux parents et se retrouvent dans la rue, c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités. Les lois existent, mais ne sont pas appliquées. On parle beaucoup de droits de l’Homme au Sénégal, mais on continue à se demander : c’est pour qui ? Est-ce que ces enfants-là n’en font pas partie ? On ne peut défendre une chose et son contraire. Tu parles de droits de l’Homme ; tu dépasses un enfant dans la rue ; au lieu de combattre cela, tu lui donnes une pièce d’argent. Tu l’encourages dans ce mal. C’est une violence faite à l’enfant. » Dans sa logique, il est question de combattre le phénomène des enfants dans la rue. Etouffant de rage, il précise que l’exploitation que vivent les enfants n’existe nulle part ailleurs qu’au Sénégal. « De 6 heures du matin à minuit, il y a des enfants dehors. C’est incroyable. On dirait que c’est un spectacle qui plaît aux gens. C’est quelque chose qu’on doit combattre et dire non », tempête Mme Mbow. Le cœur meurtri, elle peste : « Ils vivent une vie d’adultes, car ils nourrissent des adultes. Les gens qui les exploitent c’est-à-dire les maîtres coraniques et compagnie, en leur exigeant 500 francs par jour, vivent de ça. Ils ont 10, 15 ou 50 talibés qui leur rapportent 500 francs chacun. Si vous avez 50 enfants qui versent cette somme, c’est un salaire. Avec cet argent, ces soi-disant maîtres coraniques paient la scolarité de leurs enfants et assurent tous leurs autres besoins. » Le mal perdure. L’Etat a mis en place un arsenal juridique pour éradiquer la mendicité. Après Abdoulaye Wade, Macky Sall s’est attelé, sans succès, à supprimer l’exploitation des enfants dans les rues. Lors d’une réunion sur la mendicité le 6 mars 2013, le Premier ministre d’alors, Abdoul Mbaye, avait annoncé « l’interdiction totale » de la mendicité. Il assurait : « Il y a des décisions qui ont été prises et on va vers l’interdiction totale de la mendicité des enfants dans les rues, car le Coran s’apprend dans un daara (école coranique) et non dans la rue. Il n’est pas question d’interdire la charité, mais organisons la. » Jusqu’ici, rien n’a changé…

• 31/01/15
http://actunet.sn/reinsertion-des-talibes/

Réinsertion des talibés !

L’Organisation non gouvernementale « Secours islamique de France » (Sif), a procédé hier à la cérémonie de lancement d’un volet important de ses « multiples projets », et qui est dénommé « Projet talibé ». La cérémonie s’est déroulée à Nord Foire au siège de son bureau principal. Le projet dit « talibé » vise essentiellement à l’amélioration des conditions de vie des jeunes talibés, maisaussi à booster et à faciliter leur réinsertion socio-économique. Ce dernier point est, selon les initiateurs du projet, la phase la plus importante. Stéphanie Prat, le chargé de mission de l’Ong, explique que le projet entre dans le cadre du pôle de synergie associant apprentissage du Livre saint (coran) et de la langue(français), et métiers (formation professionnelle).

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